Sinopsis
Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.
Episodios
-
Ecouter ses ennemis
22/08/2018 Duración: 08minL'amour des ennemis, c'est peut-être cela. C'est au moins en partie cela : savoir les écouter et ne pas se fermer à eux sous prétexte qu'ils sont nos ennemis. Ne pas cloisonner nos oreilles au motif que ce qu'ils diraient serait forcément faux puisqu'ils sont du mauvais côté.
-
Chercher la vérité ou noyer le poisson
21/08/2018 Duración: 09minRien ne ressemble plus à la vérité que le mensonge et rien ne ressemble plus à l'effort entrepris pour dégager la vérité de sa gangue, la révéler dans toute sa richesse, que l'effort fait pour l'enterrer et noyer le poisson.
-
La Pointe Prime au matin
19/08/2018 Duración: 06minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180819prime.mp3 C'était hier à la Pointe Prime, cet îlot relié à l'île par un isthme de sable à mi-chemin du port et de la plage d'argent. Le soleil matin se levait au dessus de la crête des Mèdes et la mer comme le ciel étaient d'or. On ne voit plus, dans nos villes, ces spectacles ; on n'entend plus ces bruits et ces sons, simples et doux. Or ils nous manquent car ils sont une partie de nous-mêmes et, sans eux, sans leur présence réelle et physique, charnelle, comme celle des personnes que nous aimons, nous ne nous sentons pas complets.
-
Des diamants dans la nuit
18/08/2018https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180817nuit.mp3 Quand on marche la nuit sur les chemins de Porquerolles (et bonjour à Pierre et Anne-Marie Laurès, croisés hier, grands découvreurs de ces chemins), on voit ça et là briller, dans l'herbe et sur la terre, des sortes de diamants. En s'en approchant, on se rend compte qu'il s'agit d'araignées, des araignées-loups, dont les multiples yeux reflètent la lumière et la font miroiter. Ce sont de grosses araignées à longues pattes velues, qui possèdent un gros abdomen rayé. Et de loin, pourtant, ce sont de purs joyaux. Qu'il est bon de redécouvrir, dans la nuit noire, les beautés et les frayeurs nocturnes : les crissements des grillons, le cri des petits ducs, l'immensité de la voûte étoilée et la splendeur des étoiles filantes, l'ombre angoissante des arbres et ces perles multicolores dont la vue lointaine ravit et la vue proche effraie.
-
Les Chevreaux – la mer
16/08/2018 Duración: 05minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180816chevreaux.mp3 Au sud-ouest de l'île, entre le Cap d'Armes et la Gorge du Loup, les Chevreaux, espace pierreux et dénudé couvert de petits cailloux, de rochers mille-feuilles, où poussent, rares et belles, des touffes d'immortelles et de cinéraires maritimes, leurs cousines marines. Je me suis réfugié au creux d'un rocher fait de lamelles empilées, arrondi comme un ventre, pour m'abriter du vent et regarder la mer qui emplissait, sous le ciel, l'horizon : La mer ! Elle appelle à tant de banalités qui néanmoins se révèlent vraies! Elle se prête à tant de discours et de mots, de paroles qu'on pourrait croire fausses et seulement héritées mais qu'à chaque fois on redécouvre, et auxquelles le plus juste est finalement peut-être de se laisser aller en mettant de côté notre vanité. La mer, si belle avec sa houle puissante, cette longue respiration calme avec laquelle, peu à peu, on entre comme en symbiose. Je me souviens de la chanson Comme à O
-
Erémitisme aux Mèdes
14/08/2018 Duración: 06minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180814medes.mp3 A l'extrémité est de Porquerolles, la crête des Mèdes dresse sa muraille rocheuse. Là est l'orient de l'île, les rochers qui, les premiers, découvrent la lumière du jour quand le soleil surgit de la nuit. Tout en haut de cette muraille - chaos de rochers qui se précipitent dans la mer - des oliviers, couchés par les rafales et, au milieu d'eux, des murets de pierres sèches qui sont les restes des habitations que construisirent ici, aux IVème et Vème siècles, des ermites, moines venus des îles de Lérins, pas très loin. Quand on regarde le large, l'orient, le soleil et Port-Cros dont la longue silhouette se dessine sur le miroir des flots, on voit deux ou trois promontoires, pitons, rochers verticaux dont j'imagine qu'ils auraient pu, il y a dix neufs siècles, servir de colonne à des stylites qui s'y seraient tenus : Ils y seraient venus le matin et auraient passés là leur journée, adorant le monde et sa grandeur, la création et son c
-
Orage
13/08/2018 Duración: 08minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180813orage.mp3 Orage, ce matin, sur l'île de Porquerolles : De la brume partout ; la mer grise se confondant avec le ciel gris, des éclairs et du tonnerre ; de longs roulements se répercutant à travers les collines. J'étais monté au Fort Saint-Agathe, qui domine le port quand la pluie, jusqu'alors faible, s'est mise à dévaler du ciel : une pluie lourde et chaude, grise, entraînant tout sur son passage. La cour du château s'est changée en une mer qui a dévalé comme une rivière les marches où je m'étais réfugié. C'est après avoir été complètement trempé que j'ai trouvé un autre abri, meilleur, d'où j'ai réalisé l'enregistrement. Quel extraordinaire spectacle que celui de ces éclairs qui rayaient le ciel dans un étourdissement de grondements ! Toute l'eau tombée s'était mêlée au limon de la terre pour grossir les torrents et dévaler les monts. Et arrivée dans la mer, elle avait souligné le vert et le bleu de celle-ci de son ocre : PS : cet enregistre
-
La Galère
12/08/2018 Duración: 09minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180812galere.mp3 L'Anse de la Galère, située au sud-ouest de Porquerolles, et qui porte bien son nom au regard des effort à déployer pour l'atteindre, est un creux dans la côte, abrité du vent d'ouest, et où se succèdent une série de petites criques dont les unes sont taillées directement dans le rocher, découpé et coupant comme des couteaux, et les autres couvertes de petits galets et de bois flotté. Et cette anse a, il y a 23 siècles, abrité un comptoir de pêcheurs grecs, des Massaliotes qui devaient vendre leurs poissons aux navires de passage. Tous les chemins et toutes les plages de Porquerolles sont remplis de morceaux de briques, de céramique, de ciment. L'île, en effet, a été durant toute son histoire sujette à constructions et à reconstruction : fermes, forts, prisons, habitations, chapelles, ermitages, il a bien fallu construire tout cela et bien des matériaux sont tombés sur les routes. Et l'on trouve également des morceaux de brique et d'argil
-
La Repentance
11/08/2018 Duración: 10minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180811repentance.mp3 Le centre de Porquerolles est occupée par une petite chaîne de collines où se dressent les deux principaux sommets de l'île : celui occupé par le Sémaphore, point culminant, et, non loin, un autre sommet où se dresse depuis la fin du XIXème siècle, le fort de La Repentance, qui abrite, depuis la fin des années 1990 une communauté de moines dépendant du monastère du Mont Athos. Entre les deux sommets, un chemin passe qui donne d'un côté sur l'Ouest de l'île : le port, le phare, le Langoustier, et de l'autre sur l'Est : plaine Notre-Dame et Mèdes. Le fort est désormais entièrement fermé ; on ne peut plus rien voir de ce qui s'y passe : La présence de moines sur l'île est très ancienne : dès les IVème et Vème siècles, des moines venus des îles de Lérins occupent la crète des Mèdes pour y devenir ermites ; j'en reparlerai. En attendant, ce sont des moines grecs, qui sont ici, et la Repentance est devenue le monastère Sainte-Marie du Dé
-
Le rossignol était un merle
10/08/2018 Duración: 10minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180810merle.mp3 Durant la journée, Porquerolles est emplie de la stridulation des cigales. Mais il existe certains recoins, certaines zones d'ombre où, le soleil ne touchant pas les arbres ou les touchant très peu ou tardivement, on peut, au matin surtout, entendre les oiseaux. Ainsi, ce matin, au tournant du chemin, entre la plage de la Courtade et le fort du Lequin, on pouvzit entendre des merles qui se répondaient, d'arbre en arbre, embellissant l'air de leurs trilles. PS : comme les précédents, cet enregistrement à été réalisé en stéréo et s'écoute mieux avec un casque...
-
Pierrot le Fou
09/08/2018 Duración: 08minC'est à la Treille que Jean-Luc Godard a filmé une partie de Pierrot le Fou. Ces scènes où Jean-Paul Belmondo et Anna Karina passent quelques jours, au bout de leur fuite éperdue à travers la France.
-
Le Brégançonnet
08/08/2018 Duración: 08minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180808breganconnet.mp3 A la calanque du Brégançonnet, ce matin. Cigales et vaguelettes. Des artistes y ont mis des pierres en équilibre, ce qui forme un spectacle irréel. (Comme tout ici, l'enregistrement est fait en stéréo et s'entend mieux avec un casque...)
-
Vers la Vigie
07/08/2018 Duración: 13minPorquerolles, en marchant sur le sentier qui, de la Gorge du Loup, monte vers la Vigie puis redescend vers Le Brégançonnet
-
Vivre par procuration
03/08/2018 Duración: 09minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180803procuration.mp3 On a parfois tendance à vouloir s'accaparer la gloire, le mérite ou les exploits des autres. Dans le cas d'événements comme la coupe du monde de football, il y a évidemment de cela dans le "On a gagné !" crié par des masses qui n'ont rien fait sinon suivre derrière un écran la course des joueurs. Mais personne, je pense, ne croit vraiment les paroles prononcées et le phénomène relève tellement de l'enthousiasme collectif qu'il n'est au fond que cela : un moment de solidarité, de fusion et de défoulement dans un "On" collectif. mais on ne se sent pas individuellement grandi par la victoire de l'équipe même si on se projette en elle. Mais cette façon de faire peut prendre des formes beaucoup plus insidieuses dont je parlais, l'autre jour, avec l'aimée. Il peut en effet également arriver - et très clairement cela m'arrive parfois et trop souvent - de se sentir grandi ou partie prenante de l'exploit ou de la réussite de personnes qu'on a
-
L’endurcissement
31/07/2018 Duración: 05minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180731endurcissement.mp3 Il y a, dans Le journal d'un curé de campagne, de Georges Bernanos, le passage suivant, qui me paraît être une bonne description de ce qu'est l'endurcissement : "Je crois que, passé l’adolescence, peu de chrétiens se rendent coupables de confessions sacrilèges. Il est si facile de ne pas se confesser du tout ! Mais il y a pis. Il y a cette lente cristallisation, autour de la conscience, de menus mensonges, de subterfuges, d’équivoques. La carapace garde vaguement la forme de ce qu’elle recouvre, c’est tout. À force d’habitude, et avec le temps, les moins subtils finissent par se créer de toutes pièces un langage à eux, qui reste incroyablement abstrait. Ils ne cachent pas grand-chose, mais leur sournoise franchise ressemble à ces verres dépolis qui ne laissent passer qu’une lumière diffuse, où l’œil ne distingue rien." L'endurcissement, c'est cela. C'est une construction que nous avons faite en nous et qui nous permet d'agir mal ou
-
Des papillons aux ailes de paon et des chatons (un rêve)
29/07/2018 Duración: 03minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180729papillons.mp3 Introduit et conclu par la voix enfantine et printanière de Lisa Ekdahl ("The World keeps turning", in Give me that slow knowing smile), mon rêve de cette nuit. Ayant dormi dans une maisonnette, je m'étais réveillé tôt. Mais c'était l'été, et quand j'étais sorti sur le perron, le soleil était déjà levé et le ciel clair. Je m'avançais sur la pelouse quand je vis que sur celles-ci, des papillons s'étaient posés. De magnifiques papillons dont les ailes ressemblaient à des plumes de paon. Et au milieu de ces papillons, des chatons se promenaient, mignons et maladroits, joueurs, étonnés. Cela ressemblait un peu à la terrasse gazonnée du château de Montorgueil, à Jersey, où les enfants et moi étions il y a quelques semaines. C'était frais et paisible comme une matinée d'été.
-
Promenade d’été rue Nélaton
23/07/2018 Duración: 07minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180723nelaton.mp3 Je me suis promené hier, dans Paris. Paris est si beau, l'été, avec tous ces touristes venus de partout et ouvrant des yeux émerveillés, photographiant tout ce qu'ils peuvent, ces femmes voilées, élégantes et souriantes, et ces hommes balourds et maladroits, touchants dans leur balourdise, poussant avec maladresse des poussettes, ces adolescents de tous pays accrochés à leur téléphone, ces enfants fatigués par la marche à qui l'on offre des glaces, ces jeunes filles allant en bandes et dévoilant leurs longues jambes. Et tout cela mêlé à la douceur de l'air, à la beauté des monuments, à l'Aria de Bach que j'écoutais et qu'on a entendu en introduction de mon propos, au charme des rues ombragées et au parfum des fleurs. Un Paris de carte postale qui est aussi Paris. Le but de ma promenade était la rue Nélaton. Un drôle de nom pour une petite rue, coincée près de Grenelle, dans le Quinzième arrondissement. C'est là que s'élevait, au début
-
Une bourse grise (un rêve)
22/07/2018 Duración: 03minhttps://improvisations.fr/wp-content/uploads/20180722bourse.mp3 Voici l'étrange rêve que j'ai fait cette nuit ; un de ces rêves dont on se demande, rétrospectivement, avec émerveillement (mais aussi un étonnement mêlé d'un peu d'angoisse), sur quel terreau mystérieux et inconnu de nous ils ont bien pu prendre naissance. J'étais au Pays basque. Seul ou accompagné, je ne le sais. Je devais faire un pèlerinage, qui n'était pas le pèlerinage de Saint-Jacques mais quelque chose de beaucoup plus court, long seulement de quelques kilomètres. Il fallait pour cela revêtir ou porter certains accessoires : une cape, un grand chapeau, un bâton, et arborer, en le tenant à la main, le signe distinctif par excellence : une petite bourse grise, en toile ou en cuir contenant je-ne-sais-quoi. Je croyais pouvoir accomplir ce pèlerinage seul, partant quand il me chantait et marchant à mon rythme mais c'est précisément en cela que je me trompais. Il fallait, pour faire ce pèlerinage dans les règles, partir en groupe, marc